A première vue le neuromarketing a tout l’air d’être d’une réelle avancée pour les annonceurs, les marques et les entreprises. Il semble effectivement répondre avec une époustouflante efficacité aux écueils du marketing classique. Mais à première vue seulement car ne sommes-nous pas devenus nos propres rats de laboratoires ? Dans quelle mesure est-il acceptable de se laisser influencer de la sorte ?

Le Neuromarketing,  la science au service des annonceurs

Le neuromarketing, c’est la rencontre entre la neuroscience et le marketing, entre la compréhension des mécanismes du cerveau humain et les techniques mercantiles qui incitent à acheter un produit ou un service.

Il s’agit de savoir de quelle manière le cerveau réagit face à de nouveaux produits, une campagne de publicité, un slogan, un packaging, un design.

Cette activité, qui se développe à grand pas aux Etats-Unis et bientôt en Europe de manière plus soutenue, a donc pour finalité d’analyser le subconscient d’un individu afin de pouvoir lui vendre de manière beaucoup plus efficace un produit X ou un service Y.

Une technique médicale telle que l’IRM permet de disséquer le cerveau de l’individu afin de saisir quels sont les processus inconscients qui dictent nos achats ou nos pulsions de consommation.

C’est un véritable bon en avant auquel nous assistons aujourd’hui, une véritable révolution pour le marketing, la publicité et le commerce de manière générale.
Car avec les groupes de consommateurs, les focus group, les réponses sont pour la plupart biaisées ou du moins orientées par des questionnaires préétablis du type “Pensez-vous qu’Apple est une marque branchée ?”. Avec de telles questions, les réponses sont toutes trouvées.

Tandis qu’avec le neuromarketing, on se passe de la verbalisation, des mots et des réponses, et on regarde directement dans le cerveau, et la réponse peut être toute autre.

De l’avancée aux dérives, il n’y a qu’un pas

On ne pourrait que se satisfaire de voire évoluer les techniques marketing, de voir s’améliorer la nouvelle capacité que les marques et les entreprises ont à mieux écouler leur produit.

Le neuromarketing est en ce sens bénéfique en tous points. Il permet d’éviter les revers du lancement d’un produit (près de 90% des nouveaux produits échouent au bout d’une année), d’adapter au mieux son discours marketing, de bonifier le travail des marketeurs et des publicitaires.

Mais de l’avancée aux dérives, la frontière est des plus fines.

Bientôt, nous ne serons donc plus que de simples bêtes à faire paître, devenus nos propres rats de laboratoires, bourrés d’électrodes, passés au scanner, découpés à l’IRM…tout ça pour acheter, consommer, dépenser…

A cause du neuromarketing, nous passerons d’une consommation plaisir à une consommation réflexe, tel de bon toutous pavloviens…appuyez sur un bouton et j’achète !

Où est passé le plaisir de choisir ? Le libre-arbitre ? C’est tout le problème avec le neuromarketing : nous conditionner pour mieux déstocker, nous analyser pour mieux nous influencer, nous forcer la main en somme.

Un consommateur averti en vaut deux.